Modèles, top models et show business - comment utiliser les droits d'image

















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Modèles, top models et show business - comment utiliser les droits d'image. Alexandre PINTIAUX est un avocat spécialisé en droit des arts ainsi qu'en droit des affaires. Il est basé en Belgique mais sa clientèle est également internationale.
Il conseille de nombreux acteurs du marché de l'art et de la culture, dont des galeries d'art, des collectionneurs, des artistes, des musiciens, des acteurs, des maisons de production.

Son objectif est de conseiller et d'accompagner son client dans son activité sur le marché de l'art en lui fournissant des analyses juridiques de grande valeur.

Modèles, top models et show business - comment utiliser les droits d'image

Quel est le point commun entre un jeune mannequin, un futur top model et un jeune acteur qui débute sa carrière dans le show business?

De nombreux jeunes mannequins et acteurs ne savent pas comment protéger leur image, leurs droits et comment créer un revenu en fonction de leur image. Cet article vise à rappeler quelques principes de base dans le domaine des droits à l'image, guidant les futurs talents dans la mise en œuvre de l'exploitation de leur image. En effet, notre expérience nous permet de voir comment les premiers pas dans ce domaine amènent de nombreuses questions pour les jeunes mannequins et acteurs alors que les premiers contrats sont prompts à pointer leurs clauses, souvent incompréhensibles pour un débutant.

Le cas envisagé ci-dessous supposait un modèle débutant, mais ce cas peut facilement être transposé à tous les domaines du show business, puisqu'il s'agit toujours d'un cas d'utilisation des droits à l'image.

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LES DROITS D'IMAGE: qu'est-ce que cela signifie?

En Belgique, chacun a le droit exclusif à sa propre image. Ce n'est donc pas l'apanage des mannequins, des mannequins professionnels et des acteurs du show business.

L'article XI.174 du Code de droit économique stipule que «ni l'auteur ni le propriétaire d'un

portrait ou tout autre possesseur ou détenteur d'un portrait a le droit de le reproduire ou de le communiquer au public sans le consentement de la personne représentée ou de ses ayants droit pendant vingt ans à compter du décès ».

Pour les modèles, l'exploitation de l'image devient l'objet principal de la profession et la source

de revenu. Habituellement, les mannequins signent le contrat avec une agence de mannequins qui s'occupera de leur intérêt et de leur utilisation de l'image.

Pour les artistes du show business, cette réalité se reflète également dans le contrat avec leur agent qui sera souvent, en plus des aspects liés à la carrière de l'artiste, responsable de l'exploitation des droits à l'image dans l'intérêt de l'artiste. Il faut distinguer l'accord quant à la capture de l'image, et l'accord quant à l'exploitation de l'image.

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L'accord sur la capture de l'image

En principe, toute personne, y compris les mannequins et les acteurs du show business, a le droit d'autoriser ou de refuser de se faire photographier, exposer, distribuer ou reproduire son image. Ce droit leur appartient exclusivement, leur image ne peut être saisie ou exploitée sans leur autorisation.

Si les mannequins et autres artistes ont leurs avantages financiers, et se mettent volontairement sous les projecteurs, ils ont toujours leurs droits à l'image, ces derniers étant étroitement liés à leur personne. Dans leur cas particulier, cependant, il faut noter que leur consentement à la réalisation de leur image est présumé, bien qu'il doive être interprété de manière restrictive (Civ Bruxelles, 17 mai 2002, A&M, 2003, p.138). En d'autres termes, du seul fait qu'ils s'exposent au public, ils donneraient une autorisation tacite pour capturer leur image.

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Accord sur l'exploitation de l'image

S'il est souvent établi que le talent accepte d'être photographié (pensez à la personne qui pose fièrement (et consciemment) sur les marches d'une ville célèbre du sud de la France), cet accord sur la capture de l'image est à distinguer de celle relative à la publication de leur image et aux conditions de cette publication. En d'autres termes, l'accord sur l'exploitation et la publication de l'image ne peut être déduit de l'accord donné par le modèle quant à la capture de son image.

Ainsi, la diffusion de l'image du modèle nécessitera son accord, c'est-à-dire que le photographe ou l'éditeur doit être certain que cet accord leur a été donné et que c'est précisément l'exploitation qui sera faite de l'image. Aucune forme particulière n'est requise pour cette autorisation, même s'il est évident qu'un écrit est toujours difficile à contester.

En l'absence d'écriture, la rémunération perçue par un mannequin peut être une indication de son consentement à la diffusion de son image. Prenons un timbre émanant d'un magazine sensationnel ou d'une émission de télévision à laquelle ce mannequin a participé.

Parmi les exemples réguliers, combien d'acteurs et d'actrices n'ont pas copié les images de leur mariage à la presse intéressée? Cet accord porte aussi bien sur la prise de photos le jour de l'événement (souvent accompagnée de conditions restrictives et d'un droit de regard définitif) que sur l'exploitation des images.

A partir du moment où le principe selon lequel le droit de monétiser l'image peut être accepté, la violation du droit à l'image du mannequin peut aussi causer un préjudice financier, car il ne perçoit aucune rémunération à laquelle elle aurait droit. Des dommages moraux peuvent également être causés. Ce sera notamment le cas lors de la diffusion d'une image capturée dans la vie privée du modèle (hypothèse bien connue des paparazzi).

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Le transfert des droits sur l'image: un premier contrat?

Le droit à l'image doit faire l'objet d'un contrat à des fins d'exploitation économique, ce qui est souvent le cas, mais sous une forme variée, dans le monde du show business puisque l'essence même du métier est de vendre son image.

C'est ce contrat qui reprendra l'étendue de l'exploitation, la manière de l'exploiter et les conditions financières à respecter pour la faire. Nous mesurons donc l'importance de ce contrat et l'opportunité de le disséquer dans les détails afin d'en comprendre tous les termes.

Lorsque le modèle est confronté à son premier contrat dans ce domaine, il n'est qu'exceptionnellement en mesure de négocier les termes (en tout cas lorsqu'il n'est pas encore connu). C'est souvent un contrat d'adhésion à prendre ou à sortir… Néanmoins, à défaut de pouvoir le négocier comme il se doit, il ne faut pas perdre de vue le grand principe: on ne signe pas une clause que l'on ne comprend pas . Rien n'empêche de demander des éclaircissements par écrit sur des clauses imprécises ou de demander une clause disproportionnée.

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Agence et talent

La jeune mannequin signera souvent un contrat d'exclusivité avec une agence qui se chargera d'exploiter son image. En concluant un tel contrat, l'agence devient en quelque sorte le gestionnaire de la carrière et des services du mannequin. A ce stade, la prudence est de mise car ce type de contrat comprend des clauses relatives à l'exclusivité qui serait accordée à l'agence, la durée du contrat qui liera les parties, ou comment payer le modèle et comment une agence qui la défend.

Concrètement, cela signifie que lorsque le mannequin pose pour une cliente trouvée par l'agence, la rémunération de ce service passera d'abord par l'agence qui retiendra une commission avant de payer le mannequin pour son travail. Cette commission peut être plus ou moins importante selon l'agence et un modèle.

Le matériel peut rapidement devenir complexe et nécessiter les conseils d'un avocat. Donc en cas de doute modèle professionnel (même débutant!) Ne sera jamais ridicule en demandant une période de réflexion et en indiquant qu'elle souhaite obtenir l'avis de son conseil avant de signer…

Article par Alexandre PINTIAUX

Atterney of Bar of Bruxelles - Belgique

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FRANÇAISE DE VERSION

Mannequin, top modèles, et show-business: comment exploiter vos droits à l'image?

 

Quel est le point commun entre un jeune mannequin, un futur top-modèle et un jeune artiste qui entame sa carrière dans le show-business?

Si ceux-ci sont nombreux et variés, il en existe un auprès des personnes concernées ne nécessitant pas souvent à l'aube d'une carrière, à savoir la possibilité qu'ils ont d'exploiter leur image et d'en tirer un revenu .

Le présent article vise à rappeler quelques principes de base en matière de droit à l'image afin de guider les futurs talents dans la mise en œuvre de l'exploitation de leurs droits à l'image. En effet, notre expérience nous a permis de constater à quel point les premiers pas dans le milieu soulèvent de nombreuses questions pour les jeunes artistes alors que les premiers contrats ne tardent pas à pointer leurs clauses, souvent incompréhensibles pour un novice.

Le cas de figure envisagé ci-après vise l'hypothèse d'un mannequin débutant, mais ce cas de figure peut facilement être transposé à tous les secteurs du show-business, dès lors qu'entre en jeu l'exploitation de l'image .

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Le droit à l'image: c'est-à-dire?

En Belgique, tout un chacun dispose d'un droit exclusif sur sa propre image. Ce n'est donc pas une prérogative des mannequins, modèles professionnels et acteurs du show-business.

L'article XI.174 du Code de droit économique précis que «ni l'auteur, ni le propriétaire d'un portrait, ni tout autre possesseur ou détenteur d'un portrait n'a le droit de le reproduire ou de le communiquer au public sans l'assentiment de la personne représentée ou celui de ses ayants droit pendant vingt ans à partir de son décès ».

Pour le mannequin, l'exploitation de son image devient l'objet principal de sa profession et la source principale de ses revenus. Cet aspect se matérialise par un contrat qui sera souvent conclu avec une agence, à charge pour cette dernière recherche et négocier des contrats d'exploitation de l'image.

Pour les artistes au sens large, cette réalité transparente également dans le contrat avec leur agent qui sera souvent, en plus des aspects liés à la carrière de l'artiste, chargé de l'exploitation des droits à l'image dans l'intérêt de l'artiste.

Il faut distinguer l'accord quant à la captation de l'image et l'accord quant à l'exploitation de l'image.

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L'accord quant à la captation de l'image

Par principe, toutes les personnes, y compris celles faisant de la vente de leur image une profession, ont donc le droit d'autoriser ou de refuser la fixation, l'exposition, la diffusion ou la reproduction de leur image. Ce droit leur appartient exclusivement, leur image ne pouvant être saisie ou exploitée sans leur autorisation.

Bien que les mannequins et autres artistes voient leurs prestations monnayées et se mettent volontairement sous les feux des projecteurs, ils disposent toujours de leur droit à l'image, celui-ci étant intimement lié à leur personne. Dans leur cas spécifique, notons cependant que leur consentement à la réalisation de leur image est présumé, bien que devant être interprété de manière restrictive (Civ. Bruxelles, 17 mai 2002, A&M, 2003, p.138). Autrement dit, par le seul fait qu'ils s'exposent au public, ils donneraient une autorisation tacite de la captation de leur image.

Modèles, top models et show business - comment utiliser les droits d'image

L'accord quant à l'exploitation de l'image

S'il est souvent établi que le talent accepte de se faire photographier (songeons à la personne qui pose fièrement (et consciemment) sur les marches d'une célèbre ville du sud de la France), cet accord sur la captation de l'image est à distinguer de celui relatif à la publication de leur image et aux conditions de cette publication. Autrement dit, accord quant à l'exploitation et à la publication de son image ne peut être déduit de l'accord donné par le mannequin quant à la captation de son image.

Ainsi, la diffusion de l'image du mannequin nécessitera son consentement exprès, c'est-à-dire que l'utilisateur doit être certain que cet accord a bien été donné et qu'il vise précisément l'exploitation qui sera faite de l 'image. Aucune forme particulière n'est requise pour cette autorisation même s'il est évident qu'un écrit constitue toujours une preuve difficile contestable.

En absence d'écrit, la rémunération que le mannequin reçoit peut éventuellement constituer un indice de son consentement quant à la diffusion de son image. Songeons à un cachet émanant d'un magazine à sensation ou d'une émission télévisée à laquelle le mannequin a participé.

Parmi les exemples réguliers, combien d'acteurs et d'actrices ne monnaient pas les images de leur mariage auprès de la presse intéressée? Cet accord porte donc tant sur la captation des photos le jour de l'évènement (souvent assortie de conditions restrictives et d'un droit de regard final) que sur l'exploitation des images.

A partir du moment où le principe que le droit à l'image peut se monnayer est accepté, la violation du droit à l'image du mannequin peut, par écho, occasionner un préjudice patrimonial car celui-ci n'obtient pas toute la rémunération à laquelle il aurait droit. Un dommage moral peut aussi être proposé. Ce sera notamment le cas lors de la diffusion d'une image captée dans le cadre privé du modèle (l'hypothèse bien connue du paparazzi).

 

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La cession des droits à l'image: un premier contrat?

Le droit à l'image doit faire l'objet d'un contrat à des fins d'exploitations économiques, ce qui est souvent le cas, mais sous une forme variée, dans le milieu du show-business comme l'essence même de la profession consiste à vendre son image.

C'est ce contrat qui va reprendre l'étendue de l'exploitation, la manière de l'exploiter et les conditions financières à respecter pour ce faire.

Nous mesurons donc toute l'importance de ce contrat et l'opportunité de le décortiquer en détail afin d'en comprendre tous les termes.

Lorsque le modèle est face à son premier contrat en la matière, il n’est qu’exceptionnellement en position de pouvoir en négocier les termes (en tous les cas lorsque il n’est pas encore connu). C'est souvent un contrat d'adhésion à prendre ou à laisser… Néanmoins, à de le pouvoir négocier comme il se doit, il ne faut pas perdre de vue le grand principe en matière contractuelle: nous ne signons pas une clause que nous ne comprenons pas. Rien n'interdit de demander de clarifier par écrit des clauses imprécises ou de demander un tempérament à une clause disproportionnée.

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L'agence et le talent

Le jeune top-modèle - souvent - signera un contrat d'exclusivité avec une agence qui se chargera d'exploiter son image.

Par la conclusion d'un tel contrat, l'agence devient en quelque sorte le gestionnaire de la carrière et des prestations du mannequin en question. A ce moment-là aussi, la prudence est de mise car ce type de contrat reprend des clauses relatives à l'exclusivité qui serait accordée à l'agence, à la durée du contrat qui va lier les parties ou encore à la manière de rémunérer le mannequin et l'agence qui la défend.

Concrètement, cela signifie que lorsque le mannequin posera pour un client trouvé par l'agence, la rémunération pour cette prestation transitera d'abord par l'agence qui retiendra une commission avant de payer le mannequin pour son travail. Cette commission peut être plus ou moins importante selon l'agence et le mannequin concerné.

La matière peut devenir rapidement complexe et nécessiter l'avis d'un spécialiste. Dès lors, en cas de doute, le mannequin professionnel (même débutant!) Ne sera jamais ridicule en demandant un délai de réflexion et en demandant d'obtenir l'avis de son conseil avant de signer…

Alexandre Pintiaux

Avocat au Barreau de Bruxelles - Belgique

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