Michael Kors Printemps Été 2027

Collection Printemps-Été 2027 de Michael Kors « Le musée comme un Runway « d’idées ». Article d’Eleonora de Gray, rédactrice en chef de RUNWAY MAGAZINE. Photo/Vidéo avec l'aimable autorisation de Michael Kors.

Michael Kors a troqué le faste traditionnel de la Septième Avenue pour l'espace épuré et immaculé du jardin de sculptures Abby Aldrich Rockefeller du MoMA. Un choix délibéré. ​​Pour le printemps-été 2027, Kors a dépouillé le créateur des ornements conventionnels de la jet-set afin de proposer une réflexion sur les fondements du style. Plutôt que de considérer le vêtement comme une armure décorative, la collection explorait la mode comme une discipline fondée sur la pureté des formes, des lignes et l'équilibre des couleurs.

Le canon de la ligne primaire

Le dialogue entre le modernisme et la confection sur mesure n'est pas nouveau, mais il exige une discipline rigoureuse pour éviter de se réduire à un simple pastiche. En 1917, Piet Mondrian et le mouvement De Stijl proclamaient que l'art devait abandonner l'imitation pour révéler la beauté universelle par l'équilibre : intersections horizontales et verticales, noir, blanc et couleurs primaires assumées. Lorsqu'Yves Saint Laurent a transposé cette philosophie dans les années 1965… Mondrian Avec sa robe-chemise, il a prouvé qu'une toile bidimensionnelle pouvait habiter un corps tridimensionnel sans perdre sa pureté structurelle.

Kors reprend ce fil conducteur non pas en copiant le néoplasticisme, mais en traduisant le modernisme architectural dans la construction cinétique des vêtements.

Sculpter l'espace : volume, rigueur et forme

La collection s'ouvrait sur des silhouettes qui traitaient le corps humain comme une armature. Un haut tunique noir sculptural, à col châle architectural, se fondait harmonieusement dans une minijupe tailleur, ponctuée d'une longue traîne asymétrique exagérée. Dépourvue de boutons ou d'imprimés superflus, la pièce mettait en valeur une coupe volumétrique pure, rehaussée par un sac à main structuré jaune optique.

La couleur était déployée avec une tension géométrique saisissante. Une robe-chemise divisait le corps par une diagonale nette : un noir profond et intense sur le corsage se prolongeait jusqu’à un ourlet asymétrique d’un jaune éclatant et saturé. Une autre étude des plans architecturaux se présentait sous la forme d’une robe-cape oversize enveloppante, divisée proprement au niveau de la poitrine en ivoire et noir nuit. Elle évoquait la présence monumentale d’une installation de Richard Serra, transposée dans un crêpe de laine à la fois doux et rigide.

Déconstruire la géométrie : l'impulsion linéaire

Les rayures n'étaient pas utilisées comme motifs nautiques, mais comme éléments graphiques vectoriels. Kors a rompu avec la monotonie en proposant une robe-chemise à rayures noires et blanches dont la coupe se prolongeait en un ourlet asymétrique ondulé, associée à des amulettes circulaires en cuir aux formes géométriques, posées sur la poitrine.

Dans une autre version, un pull ras du cou noir à la coupe impeccable, superposé à un col blanc optique, était contrebalancé par une jupe coupée en biais, ornée de rayures rythmiques façon code-barres et fendue pour rompre sa propre symétrie graphique. Lorsque les rayures rencontraient le volume, l'effet devenait dynamique : un body rayé à encolure ronde et découpe au niveau du ventre se prolongeait en une jupe rayée plissée en accordéon, flottant contre un cabas architectural jaune cadmium saturé.

Chromatique et l'esprit Bauhaus

Faisant écho à Josef Albers Interaction des couleursKors a associé des monochromes à des aplats soudains de pigments purs. Un tailleur à la silhouette carrée, inspirée des années soixante, est apparu dans un vert feuille saturé, avec un col rond exagéré et une jupe trapèze structurée, accompagné de lunettes rondes en écaille qui faisaient le lien entre le design industriel du milieu du siècle et une modernité affirmée. Le rouge venait ponctuer l'ensemble : une robe tunique vermillon non doublée à encolure ronde, dotée d'un ourlet asymétrique spectaculaire qui ondulait derrière la marche comme une bannière de pigment pur, était complétée par un manteau rouge cintré superposé à une marinière à motifs géométriques et à un pantalon noir court.

Vers la fin du défilé, l'abstraction gestuelle fit son apparition. Kors présenta une robe bulle architecturale aux découpes nettes sur les hanches, recouverte de coups de pinceau picturaux et calligraphiques évoquant l'expressionnisme abstrait du milieu du XXe siècle – un clin d'œil aux résidents permanents du MoMA.

La forme suit la garde-robe

En délaissant la robe de soirée au profit d'une géométrie fonctionnelle et de couleurs primaires affirmées, Kors a présenté une garde-robe réfléchie, intellectuelle et d'une grande clarté. Elle affirme que le véritable luxe ne réside pas dans l'exubérance, mais dans la capacité à définir précisément les limites de l'élégance et de la simplicité.

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De New York, États-Unis