Richard Quinn Automne Hiver 2026-2027

Collection Automne-Hiver 2026-2027 de Richard Quinn – Quand Dior ou Valentino abandonnent l’élégance, il faut bien que quelqu’un prenne le relais. Article d’Eleonora de Gray, rédactrice en chef de RUNWAY MAGAZINE. Avec l'aimable autorisation de Richard Quinn.

Le rayon des objets trouvés de la saison : Dior et Valentino abandonnent la haute couture, Richard Quinn prend le relais.

La Fashion Week de Londres a laissé un vide curieux cette saison. Quand Dior et Valentino ont décidé d'abandonner toute élégance — présentant des silhouettes qu'on pourrait qualifier, avec indulgence, de « cochons emmitouflés dans des couvertures » —, il a fallu que quelqu'un récupère le vocabulaire couture qu'ils avaient jeté à terre. C'est là qu'entre en scène Richard Quinn, le gardien officieux de cette sophistication délaissée.

Présentée au Sinfonia Smith Square Hall, sa collection Automne-Hiver 2026-2027 n'a rien réinventé. Elle s'est simplement souvenue de ce que les autres avaient oublié. Et dans une saison aussi confuse sur le plan créatif, se souvenir suffit soudain à se démarquer.

Un retour aux sources (parce que quelqu'un devait le faire)

Les silhouettes en sablier de Quinn — corsets, péplums, bustiers sans bretelles — n'étaient pas révolutionnaires ; elles ont simplement confirmé, dans le monde de la mode, que la lumière est toujours allumée. Elles ont confirmé l'existence de la taille, l'importance des proportions et le fait que les vêtements peuvent être structurés et non drapés comme des couvertures enveloppantes.

Ce n'était pas audacieux.
Ce n'était pas radical.
C'était tout simplement… correctement exécuté.
Un phénomène étonnamment rare en 2026.

Les queues de sirène familières, les surjupes amovibles, les volants de tulle — il ne s'agissait pas d'innovations, mais de rappels. De subtils clins d'œil à une industrie qui persiste à croire que le bâtiment est un complot.

Les bijoux comme fonction, et non comme révélation

Les broches en cristal qui retiennent les dos nus, sculptent les décolletés et soulignent les tailles semblaient essentielles, mais seulement parce que la barre est placée très bas cette saison. L'utilisation de la broche comme système de fermeture n'est pas nouvelle ; elle l'est simplement pour les créateurs qui tentent actuellement de réinventer la mode sans se soucier des règles élémentaires.

Quinn a su choisir ses bijoux avec goût. Rien que ça, ça mérite d'être mentionné.

Motifs floraux, plumes, velours : le Quinn classique Kit

Il a remis au goût du jour ses motifs floraux emblématiques — sombres, denses, mélancoliques, imprimés avec conviction — et les a associés à de douces broderies citron et blanches.

Le velours noir absorba le runway Des lumières, du satin pour plus de brillance, des gants pour allonger la silhouette…
Quinn sait déployer tous les éléments.
Tous les éléments qu'il a déjà déployés.

Noir, rose, vert, jaune… La palette a évolué vers des pastels glacés, mais cela ressemblait moins à une affirmation qu’à l’effet naturel des couleurs saisonnières.

Le véritable message de la collection

Alors que Londres a passé plusieurs saisons à célébrer la « coupe décontractée » (un euphémisme pour des vêtements qui tiennent grâce à l'espoir), Quinn a proposé une construction axée sur le corps avec l'air de quelqu'un accomplissant un devoir civique.

La collection automne-hiver 2026-2027 de Richard Quinn n'est pas une révélation, c'est une restauration.
Un rappel.
Reconnaissant discrètement que lorsque les grandes maisons s'égarent dans un chaos conceptuel, il faut bien que quelqu'un ramasse les miettes de la haute couture et en fasse quelque chose de cohérent.

Cette saison, Richard Quinn était tout simplement cette personne.

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